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Trois associations, dont l’AQCIE, unissent leurs voix pour freiner la dérive réglementaire et éviter un mur tarifaire
2 mars 2026
Chers membres,
L’Association québécoise des consommateurs industriels d’électricité (AQCIE), la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) et Option consommateurs ont publié le 2 mars un communiqué conjoint accompagné d’un document détaillant cinq correctifs essentiels à apporter afin de freiner la dérive réglementaire et d’éviter aux entreprises et aux consommateurs de frapper un mur tarifaire.
Depuis 2019, le cadre législatif québécois a été affaibli au point de ne plus assurer une surveillance adéquate des activités d’Hydro-Québec, ni une protection suffisante contre des hausses tarifaires injustifiées. Dans le contexte du Plan d’action 2035 d’Hydro-Québec, qui prévoit jusqu’à 200 G$ en investissements et en dépenses, il est plus que jamais nécessaire de rétablir une gouvernance solide et prévisible, à l’abri des décisions politiques changeantes.
« Il est impératif que la Régie de l’énergie puisse exercer pleinement son rôle et ses pouvoirs face au monopole qu’est Hydro-Québec, de sorte que chaque classe de clients québécois paie des tarifs d’électricité fondés uniquement sur le coût du service qui lui est rendu, et ce, sans plus qu’un rendement raisonnable pour Hydro-Québec. Il est tout aussi urgent d’entamer un examen public et transparent du prix du bloc d’électricité patrimoniale, établi il y a plus de 25 ans, à la lumière de l’évolution des besoins énergétiques, de l’ampleur des investissements à venir et du contexte de compétitivité mondiale accrue dans lequel évoluent les industries. » ─ Jocelyn B. Allard, président de l’AQCIE
Cinq correctifs essentiels à apporter
Dans leur document conjoint, les trois associations proposent cinq mesures clés au gouvernement afin de rétablir des bases saines et durables :
- Redonner à la Régie de l’énergie la pleine liberté des moyens dans l’exercice de son mandat
- Éliminer le plafond à la hausse annuelle des tarifs domestiques, tout en protégeant les ménages
- Permettre à la Régie d’évaluer les appels d’offres en approvisionnements d’électricité, y compris ceux autorisés par le gouvernement
- Retirer les éléments non essentiels des tarifs d’électricité
- Entamer une discussion publique sur l’interfinancement et le bloc patrimonial
Une avancée importante pour les priorités de l’AQCIE
Cette alliance entre les trois organisations constitue une avancée importante pour l’une des revendications historiques de l’AQCIE, soit la révision de l’interfinancement qui pénalise depuis longtemps les tarifs industriels et dont les effets se sont accentués avec l’imposition du plafond tarifaire de 3 % aux tarifs résidentiels par le gouvernement actuel.
Le ralliement de la FCEI et d’Option consommateurs, qui représente les intérêts des consommateurs résidentiels, renforce la portée et la crédibilité de cette priorité de l’AQCIE.
Les trois associations conviennent de la nécessité de revenir à une tarification fondée sur le coût du service d’Hydro-Québec, déterminé par une Régie de l’énergie exerçant pleinement les pouvoirs d’un régulateur indépendant, afin de dépolitiser la fixation des tarifs d’électricité au Québec et d’assurer une répartition plus juste des coûts entre les différentes catégories de clients d’Hydro-Québec.
Vous pouvez également lire l’article publié à ce sujet (accessible via application mobile) :
La facture d’électricité des Québécois risque de grimper, selon trois groupe | Le Devoir

L’incertitude fait reculer la consommation d’électricité de plusieurs membres
13 février 2026
Au cours des derniers jours, une dizaine d’entre vous nous ont transmis, comme chaque année, leurs données annuelles de consommation d’électricité. Or, ce plus récent bilan révèle une tendance préoccupante : 75 % des industriels ont réduit leur consommation en 2025 par rapport à 2024.
Comme l’a souligné M. Jocelyn B. Allard, président de l’AQCIE, en entrevue avec François Normand du journal Les Affaires, il s’agit d’une situation sans précédent.
« Après 30 ans dans le domaine de l’énergie, je peux dire que je n’ai jamais vu une telle incertitude », affirme M. Allard.
Selon M. Allard, ce recul s’explique d’abord par le ralentissement économique lié à la guerre commerciale avec les États-Unis ainsi que par les répercussions des tarifs douaniers. À cela s’ajoute un manque de prévisibilité quant à l’évolution des prix de l’électricité à long terme au Québec, ce qui complique la planification des investissements et freine les projets de croissance.
Une interprétation contestée
Hydro-Québec indique pour sa part avoir constaté une baisse d’environ 1 % de la consommation industrielle en 2025, que la société d’État attribue en grande partie aux efforts en efficacité énergétique.
L’AQCIE réfute cette interprétation. Les données transmises par nos membres, de même que l’ampleur de certaines diminutions observées, reflètent davantage un contexte économique et réglementaire difficile qu’un simple effet d’optimisation énergétique.
Préserver notre tissu industriel à long terme
Cette conjoncture alarmante fragilise la compétitivité du secteur industriel québécois et compromet des investissements structurants dans plusieurs régions. Il est donc essentiel que des mesures soient mises en place rapidement afin de rétablir un climat de prévisibilité et de confiance, notamment en matière de détermination des tarifs d’électricité à long terme.
L’AQCIE poursuivra ses représentations afin de faire valoir la réalité du terrain et de défendre les conditions nécessaires à la compétitivité de nos entreprises.
Vous pouvez lire l’article dans son intégralité ici :
Plusieurs industriels au Québec ont réduit leur consommation d’électricité en 2025 | Les Affaires

Centres de données : mirage économique plutôt qu’eldorado
10 février 2026
Sous la plume de Charles Lecavalier, un dossier spécial publié dans La Presse sur les centres de données met en lumière les nombreux questionnements entourant l’implantation croissante de ces infrastructures hautement énergivores dans plusieurs municipalités du Québec, notamment avec l’arrivée prochaine d’un centre de données de Google à Beauharnois.
Le Québec compte actuellement 82 centres de données, dont la consommation électrique totale s’élève à 150 MW et qui devrait atteindre 1 100 MW en 2035, selon les prévisions d’Hydro-Québec. Le ministère de l’Économie et de l’Énergie du Québec perçoit cette expansion comme une occasion majeure de développement économique pour la province.
Or, plusieurs acteurs expriment de sérieuses préoccupations quant à ce virage et ses retombées réelles à long terme. M. Jocelyn B. Allard, président de l’AQCIE, remet en question le choix du gouvernement de privilégier ainsi les centres de données au détriment des industries du Québec qui contribuent de façon importante à la richesse collective de la province. Des usines québécoises se voient refuser des blocs d’électricité pour accroître leurs activités, alors que les centres de données en obtiennent tout en générant très peu d’emplois. M. Allard cite à cet égard une étude de l’Institut du Québec réalisée avec la firme Aviseo, selon laquelle l’impact des centres de données sur le PIB du Québec se situe entre quatre et cinq cents par kilowattheure consommé, comparativement à neuf cents pour les alumineries.
« Essentiellement, on va vendre notre électricité à long terme à des entreprises pour faire travailler trois gardiens de nuit. » – Jocelyn B. Allard
La Fédération québécoise des municipalités et l’Union des producteurs agricoles du Québec abondent dans le même sens, critiquant le potentiel limité de création d’emplois de cette filière, ainsi que la perte de terres agricoles associée à ces implantations.
Face à ces préoccupations, l’AQCIE continuera à se mobiliser afin d’inciter le gouvernement à mener une réflexion rigoureuse et à faire des choix cohérents favorisant une croissance durable et équilibrée de l’économie québécoise.
Vous pouvez lire l’article dans son intégralité ici :
Le prix de la ruée vers les données | La Presse

Hydro-Québec et les tribunaux, un contournement préoccupant
30 janvier 2026
Dans un article publié dans La Presse le 29 janvier, la journaliste Hélène Baril met en lumière la tendance préoccupante d’Hydro-Québec à contester les décisions de la Régie de l’énergie directement devant les tribunaux, sans recourir au mécanisme de demande de révision pourtant prévu par la procédure réglementaire.
Un cadre réglementaire à respecter
Cette judiciarisation accrue des décisions réglementaires soulève de sérieuses inquiétudes et témoigne d’un affaiblissement, par Hydro-Québec, du respect de l’institution chargée d’encadrer le monopole de l’électricité.
L’article souligne également la politisation des tarifs d’électricité, une problématique maintes fois dénoncée par l’AQCIE. Cette situation exerce une pression inévitable sur la Régie et en complexifie l’exercice de ses responsabilités.
Il importe de rappeler que la Régie de l’énergie est un organisme indépendant qui joue un rôle fondamental. Celle-ci a la responsabilité d’établir des tarifs justes et raisonnables et a été créée afin d’assurer une gestion rigoureuse, indépendante et transparente du monopole d’Hydro-Québec, tout en protégeant l’ensemble des consommateurs dans un contexte où aucun choix de fournisseur n’est possible.
Des impacts concrets pour les intervenants
Le recours répété aux tribunaux a également pour effet d’affaiblir les intervenants qui participent habituellement aux travaux de la Régie. Plusieurs d’entre eux, dont l’AQCIE, ne disposent pas des moyens financiers nécessaires pour constamment faire valoir leurs arguments devant les cours de justice, contrairement à Hydro-Québec.
« C’est une tactique presque déloyale de la part d’Hydro-Québec », souligne M. Jocelyn B. Allard, président de l’AQCIE.
Hydro-Québec devant les tribunaux
Parmi les dossiers portés devant les tribunaux figurent notamment :
• Entente avec Énergir sur la biénergie
• Contestation de la hausse de 3,6 % accordée en 2025
• Changement refusé du traitement comptable des dépenses de maîtrise de la végétation
• Réduction des dépenses d’exploitation pour les années 2026-2028
Source : La Presse, « Hydro-Québec défie la Régie de l’énergie », 29 janvier 2026.
Préserver l’intégrité du rôle de la Régie de l’énergie
Dans ce contexte, l’AQCIE réaffirme l’importance de préserver l’intégrité du cadre réglementaire et le rôle fondamental de la Régie de l’énergie. Le respect des processus établis demeure essentiel afin d’assurer des décisions équitables et prévisibles, au bénéfice de l’ensemble des consommateurs d’électricité du Québec.
L’AQCIE continuera de suivre attentivement l’évolution de ces dossiers.
Vous pouvez lire l’article dans son intégralité ici :
Décisions | Hydro-Québec défie la Régie de l’énergie | La Presse

Transition numérique et énergie: les préoccupations de l’AQCIE mises en lumière dans Le Devoir
26 janvier 2026
Le président de l’AQCIE, M. Jocelyn B. Allard, a récemment accordé une entrevue au quotidien Le Devoir dans le cadre d’un article portant sur les contradictions entre les ambitions numériques du Québec et sa capacité énergétique.
À cette occasion, M. Allard a rappelé une préoccupation centrale de l’AQCIE quant à la cohérence des orientations énergétiques. Alors qu’Hydro-Québec demande à ses clients de réduire leur demande d’électricité, le gouvernement du Québec cherche parallèlement à attirer de nouveaux consommateurs, notamment des centres de données fortement énergivores. M. Allard a d’ailleurs souligné que certains grands consommateurs industriels se sont vu refuser des blocs d’électricité additionnels.
Or, les centres de données ne constituent pas une activité industrielle structurante, ne générant que peu d’emplois, ne transformant pas de matières premières et n’offrant que des retombées économiques limitées pour le Québec. À titre d’exemple, une étude de l’Institut du Québec et d’Aviseo démontre que leur contribution au produit intérieur brut représente environ 4,5 cents par kilowattheure consommé, soit environ la moitié de celle des alumineries.
Faire les bons choix
Il est donc difficilement justifiable que des projets industriels québécois porteurs, soutenant des milliers d’emplois, soient freinés ou refusés faute d’électricité disponible.
« Dans ce contexte, il est difficile d’accepter que des usines québécoises qui soutiennent des milliers d’emplois et contribuent à la vitalité de régions entières ne puissent réaliser leurs projets et leurs investissements faute d’électricité, alors que des blocs importants d’électricité seraient réservés à une filière dont les retombées demeurent faibles. » - Jocelyn B. Allard
L’AQCIE réitère ainsi l’importance de faire des choix cohérents et transparents en matière d’allocation de l’énergie, en priorisant les usages qui maximisent les retombées économiques, industrielles et régionales pour le Québec, tout en respectant les objectifs de transition énergétique.
Soutenir les industries québécoises est d’autant plus crucial dans le contexte actuel marqué par des menaces économiques constantes en provenance de nos voisins du Sud.
Vous pouvez lire l’article dans son intégralité ici :
Pourquoi Les ambitions numériques et environnementales du Québec sont-elles conciliables? | Le Devoir

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