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Problèmes de productivité chez Hydro-Québec
selon des experts

L’AQCIE ne s’étonne guère des conclusions de l’étude publiée lundi par le Centre sur la productivité et la prospérité à HEC Montréal qui met en lumière le manque de productivité chez Hydro-Québec au cours de la dernière décennie. Or, ce constat peu enviable s’arrime avec la position défendue par l’AQCIE depuis plusieurs années, à l’effet que la société d’État devrait être en mesure de mieux gérer ses actifs et être plus performante.

L’étude en question stipule que la productivité d’Hydro-Québec a cessé de croître au tournant des années 2000. En évaluant l’efficacité globale de tous ses facteurs de production − soit la main-d’œuvre et le capital −, les auteurs du rapport ont notamment mesuré une baisse de productivité de 20 % au cours des dix dernières années. Bien qu’Hydro-Québec ait bien performé en apparence en versant des milliards de dollars de dividendes au gouvernement, l’étude démontre que la réalité est en fait tout autre : l’entreprise aurait pu faire beaucoup mieux compte tenu de l’augmentation importante de sa capacité de production lors des dernières années.

Des articles publiés cette semaine dans les quotidiens La Presse Plus et le Globe and Mail (voir ci-dessous) traitent également du sujet en soulignant à grands traits le manque d’efficacité d’Hydro-Québec.

L’importance du mécanisme de réglementation incitative

La publication de ce rapport tombe à point nommé alors que l’AQCIE s’implique activement dans les audiences actuellement en cours à la Régie de l’énergie entourant le mécanisme de réglementation incitative pour la division Hydro-Québec TransÉnergie (le Transporteur). Rappelons que l’année 2018 fut la première année d’implantation, pour la division Hydro-Québec Distribution (le Distributeur), de ce mécanisme qui établit les revenus autorisés du Distributeur à l’aide d’une formule d’indexation exigeant des gains d’efficience chiffrés. L’AQCIE veille au grain afin que le Transporteur se voie également contraint de s’astreindre à ce mécanisme qui vise entre autres à contrer les effets pervers de la méthode traditionnelle de fixation des tarifs (celle du revenu requis) utilisée dans le cadre des demandes tarifaires antérieures d’Hydro-Québec.

Une faute partagée

Les conclusions peu reluisantes du rapport du Centre sur la productivité et la prospérité ne sont pas uniquement du ressort d’Hydro-Québec. L’étude souligne également l’incidence négative des interventions répétées des gouvernements antérieurs auprès de la société d’État, une problématique soulevée par l’AQCIE depuis maintes années. Lorsque le gouvernement fait ainsi assumer, par le biais des tarifs d’électricité, le développement économique régional, par exemple par le développement de l’industrie éolienne ou encore le déploiement de mesures environnementales comme le financement de l’électrification des transports collectifs, ceci a un effet à la hausse sur les tarifs que tous les consommateurs d’électricité du Québec doivent payer. L’intervention gouvernementale accentue sans contredit le problème d’efficacité d’Hydro-Québec.

À cet égard, l’AQCIE réitère qu’il est essentiel d’éviter les interventions de nature politique ayant pour effet d’éloigner les tarifs d’électricité de ce qu’ils devraient refléter, soit les seuls coûts requis pour desservir les consommateurs, particulièrement ceux aux tarifs industriels. Ces interventions créent de plus une incertitude quant à la prévisibilité des tarifs industriels d’électricité, ce qui est peu propice à l’investissement dans les installations industrielles existantes, comme dans la venue de nouvelles industries au Québec.

La Régie de l’énergie, un contrepoids essentiel

Contrairement aux auteurs de l’étude qui remettent en question la pertinence de la Régie de l’énergie, l’AQCIE est d’avis qu’il s’agit du meilleur processus de réglementation de l’énergie, qui dans l’ensemble a fait ses preuves au Québec, en garantissant un contrôle serré et prévisible des tarifs. De plus, ce tribunal administratif est garant d’indépendance et de transparence tout en assurant la conciliation entre l’intérêt public, la protection des consommateurs et les besoins des entreprises d’utilité publique que sont les monopoles comme Hydro-Québec pour assurer leurs services.

L’AQCIE croit fermement en l’importance de la Régie, et de surcroît, a préconisé par le passé le renforcement de ses pouvoirs et de son autonomie afin d’exclure toute mesure de taxation de la tarification. Les tarifs fixés par la Régie devraient refléter les seuls coûts requis pour desservir les consommateurs. Bien que nous soyons d’avis qu’il serait peut-être possible d’en augmenter l’efficacité, la Régie demeure un contre-pouvoir sain, indépendant, qui agit comme chien de garde efficace dans le cadre de la fixation des tarifs d’électricité.

En somme, l’AQCIE réitère l’importance d’améliorer et d’optimiser l’efficience chez Hydro-Québec. Pour maintenir le tissu industriel du Québec, il faut miser sur notre électricité à tarifs concurrentiels, assurée par l’organisme indépendant qu’est la Régie de l’énergie.

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Lien vers l'étude du Centre sur la productivité et la prospérité à HEC Montréal

Productivité du secteur public québécois: Hydro-Québec

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La Presse +, 21 janvier 2019
Hélène Baril


Productivité
Hydro-Québec pourrait faire mieux, dit un rapport d'experts

Hydro-Québec, la plus importante entreprise qui appartient aux Québécois, remplit-elle efficacement la mission qui lui a été confiée lors de la nationalisation de l’électricité en 1963 ? Après un examen exhaustif, des chercheurs du Centre sur la productivité et la prospérité de HEC Montréal concluent que la société d’État pourrait faire beaucoup mieux.

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The Globe & Mail, 22 janvier 2019
Konrad Yakabuski


Canada’s biggest power producer has big
productivity problem

It's cold outside. And for Hydro-Québec, the low temperatures mean cold hard cash. The Quebec government-owned utility has seen spot market export prices spike as the same cold wave that has hit Central Canada grips the northeastern Unites States.

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L’AQCIE opposée au projet de ligne électrique
Micoua-Saguenay d’Hydro-Québec

À la lumière de l’analyse approfondie de la demande d’Hydro-Québec TransÉnergie pour la construction d’une nouvelle ligne de transport reliant Micoua sur la Côte-Nord et Saguenay, l’AQCIE est d’avis que les justifications émises par Hydro-Québec pour soutenir ce projet d’investissement comportent de graves lacunes tant sur le plan technique que sur le plan économique. L’AQCIE demande donc à la Régie de l’énergie de ne pas autoriser la construction de cette ligne à 735kV d’une longueur d’environ 262 km et évaluée à près de 800 M$.

Équilibre entre fiabilité et coût du service

Selon TransÉnergie, ce projet d’investissement est nécessaire afin de maintenir la fiabilité du réseau de transport. Or, comme nous le faisons valoir dans le mémoire déposé conjointement par l’AQCIE et le Conseil de l’industrie forestière du Québec à la Régie de l’énergie mercredi dernier, nous sommes en désaccord quant à la nécessité d’investir immédiatement un montant d’environ 800 M$ pour stabiliser le réseau. Sur le plan technique, nos analyses ont démontré, entre autres, l’utilisation par TransÉnergie de certains critères de conception désuets ainsi que des simulations ne reflétant pas adéquatement les besoins prévus, notamment au chapitre de la baisse de consommation d’électricité sur la Côte-Nord au cours des prochaines années.

Quant à l’aspect économique, le risque que ces coûts de construction ne se répercutent sur les factures d’électricité des consommateurs québécois est grand. Alors que cette nouvelle ligne de transport pourrait servir également à l’exportation d’électricité – et non exclusivement au profit de la clientèle du Québec−, il serait logique que les coûts d’investissement soient ainsi également assumés par la division d’Hydro-Québec qui bénéficie des revenus associés à l’exportation, soit la division Production. L’ensemble des payeurs de tarifs québécois, dont les grands consommateurs industriels, ne devraient donc pas se faire refiler entièrement ces coûts de construction.

Radio-Canada s’intéressant également au sujet, l’AQCIE a accordé une entrevue afin d’expliquer les conclusions auxquelles nous sommes parvenus. (voir le lien ci-bas)

Participation aux audiences à la Régie de l’énergie

L’AQCIE participera aux audiences à la Régie de l’énergie en lien avec ce dossier prévus du 25 au 28 février 2019 où nous serons appelés à témoigner et à questionner Hydro-Québec. Bien que nous comprenions pleinement les obligations de TransÉnergie à fournir un service de transport permettant de répondre aux besoins des clients en assurant la continuité et la qualité du service, nous ferons valoir qu’Hydro-Québec ne parvient pas, dans le cadre de la présente demande, à clairement identifier et démontrer les besoins nécessitant un tel niveau d’investissement.

Vous pouvez cliquer ici pour prendre connaissance de notre bulletin Dernière heure publié le 8 août 2018 également en lien avec ce dossier.

Vous pouvez aussi consulter notre mémoire sur le sujet, accessible sur le site de la Régie de l'Énergie.

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ICI Côte-Nord, le 10 janvier 2019
Laurence Royer


Le projet de ligne électrique Micoua-Saguenay rencontre une forte opposition
L'Association québécoise des consommateurs industriels d'électricité et l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique demandent à la Régie de l'Énergie de ne pas autoriser le projet de ligne électrique de 735 kilovolts Micoua-Saguenay. Elles craignent que sa construction ait un impact sur la facture des abonnés d'Hydro-Québec.

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Journée automnale des membres de l’AQCIE

L’évènement automnal des membres de l’AQCIE s’est déroulé le 7 novembre dernier au campus Montréal d’ABB. Conférenciers et participants étaient au rendez-vous pour échanger, réseauter et faire valoir des points de vue pertinents tout au long de l’évènement.

La journée a débuté sur une bonne note grâce à l’accueil de Mme Nathalie Pilon, présidente et directrice générale d’ABB Canada, qui nous a chaleureusement reçus et fait profiter de ses magnifiques installations dans le cadre de l’évènement.

M. Éric Filion, président d’Hydro-Québec Distribution, et M. Marc Boucher, président d’Hydro-Québec TransÉnergie, ont enchaîné en présentant les grands objectifs d’Hydro-Québec ainsi que leur volonté ferme de se rapprocher de la clientèle et d’améliorer le service. Des collègues d’Hydro-Québec ont ensuite présenté l’offre et la revue des options tarifaires pour la clientèle industrielle ainsi que certains dossiers réglementaires.

M. Louis Germain, directeur général à la Direction générale de l’électricité au ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles, nous a entretenus sur les perspectives gouvernementales liées aux enjeux et défis énergétiques du Québec.

Mme Nadia Lalancette, coordonnatrice des programmes à Transition énergétique Québec (TEQ), nous a présenté le Plan directeur en transition, innovation et efficacité énergétique du Québec 2018-2023 produit par TEQ, une société d’État créée en 2017 dont la mission est de soutenir, stimuler et promouvoir la transition, l’innovation et l’efficacité énergétique.

M. Martin Daraiche, associé directeur du Cabinet de relations publiques NATIONAL, a clos les présentations en nous offrant une conférence animée sur la vision économique et la politique industrielle et énergétique du nouveau gouvernement du Québec.

Enfin, nous avons eu la chance de faire une visite guidée du campus Montréal d’ABB Canada jumelée à une démonstration fort impressionnante dans leur centre d’innovation client. Ce fut donc une journée bien remplie sous le signe de l’innovation et de la collaboration.

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Une nouvelle qui cache des faits importants

Que les Québécois et les Québécoises jouissent des tarifs résidentiels d’électricité les plus faibles en Amérique du Nord est une bonne nouvelle en soi. Cela profite aux ménages québécois et contribue à leur qualité de vie.

Nous savons cependant que les tarifs résidentiels sont artificiellement bas, puisqu’ils ne couvrent que 86 % du coût réel d’approvisionnement. Cela veut dire que les clients résidentiels québécois sont subventionnés par les autres consommateurs d’électricité, soit les industries et les commerces.

Cette situation a d’ailleurs été reconnue par la Régie de l’énergie comme une exception marquée dans l’environnement réglementaire nord-américain :

« Ainsi, bien que la notion d’interfinancement entre catégories de consommateurs ne soit pas propre au Québec, la Régie constate que c’est ici que les écarts entre catégories sont les plus marqués et que l’avantage en faveur de la catégorie domestique est le plus important. »

(Avis A-2017-01, paragraphe 101)

Mais pourquoi soulever ces faits? Parce que la situation décrite dans l’article n’a rien d’une approche promouvant le mieux-être économique et environnemental du Québec.

Du point de vue économique, cette situation cache plutôt la réalité : les tarifs industriels et commerciaux sont supérieurs à ce qu’ils devraient être en vertu des principes de tarification standards. En effet, les tarifs facturés aux clients devraient refléter seulement les coûts engendrés par ces derniers.

Les tarifs résidentiels artificiellement bas engendrent des tarifs industriels et commerciaux plus élevés pour compenser, affectant ainsi négativement la compétitivité de nos industries et de nos commerces.

Cet interfinancement se fait d’ailleurs au détriment des bonnes pratiques d’un monde moderne, qui se soucie d’utiliser l’énergie efficacement, connaissant sa grande valeur. Cet état de fait a d’ailleurs été dénoncé par plusieurs experts, en ce sens qu’il envoie un mauvais signal aux Québécois quant à l’importance de bien consommer l’électricité.

À l’AQCIE, nous sommes en faveur de tarifs d’électricité qui permettent d’offrir un service fiable aux clients, et ce, au meilleur coût possible. Toutefois, ces coûts contrôlés doivent provenir de gains d’efficience au sein d’Hydro-Québec et profiter à l’ensemble des catégories de clients.

Rappelons que les industries, grandes consommatrices d’électricité au Québec, emploient des milliers de Québécoises et de Québécois, et offrent des salaires et des conditions de travail nettement supérieurs à la moyenne. De surcroît, elles sont souvent le moteur socio-économique de plusieurs régions du Québec, où leur présence génère une activité bénéfique pour grand nombre de sous-traitants, de PME et d’autres commerces locaux.

Il importe donc que l’électricité de chez-nous demeure la plus concurrentielle possible pour assurer le mieux-être de l’ensemble du Québec.

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Le Journal de Québec, le 13 octobre 2018
Pierre Couture


L’électricité la moins chère
Les Québécois sont ceux qui paient le moins cher leur électricité en Amérique du Nord.

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